Acquisitions

Les acquisitions du musée en 2026

JANVIER 

Jean-Auguste Barre (1811-1896), Marie Taglioni dans La Sylphide, entre 1843 à 1863.

Sculpteur et médailleur français, Jean-Auguste Barre (1811-1896) s'impose comme l'un des maîtres de la petite statuaire en bronze, alliant finesse d'exécution, précision descriptive et sens du décoratif. Exposant régulièrement au Salon de 1831 à 1886, il rend ici hommage à l’une des figures les plus marquantes de l’histoire de la danse et incarnation par excellence du ballet romantique : Marie Taglioni. Promue première danseuse de l’Opéra en 1831, elle obtient la consécration  dans le rôle-titre du ballet-pantomime La Sylphide en mars 1832.

Avec Marie Taglioni dans La Sylphide, Barre s'inscrit pleinement dans la culture visuelle naissante qui érige les grandes interprètes en véritables icônes. Par une technique d'une grande précision, il parvient à traduire la grâce aérienne et l’impression de légèreté de la danseuse, semblant défier les lois de la gravité dans cette élégante fonte en bronze patiné. 

 Jean-Auguste Barre (1811-1896), Marie Taglioni dans La Sylphide
© Pierre Antoine / Musée de la Vie romantique / Paris Musées
SEPTEMBRE

Ary Scheffer (1795 - 1858), Les ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissant à Dante et à Virgile, entre 1848 et 1855.

Inspirée du chant V de La Divine Comédie de Dante, cette version des Ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissant à Dante et à Virgile vient enrichir les collections du musée. Exécutée par Ary Scheffer entre 1848 et 1855, elle accroît le nombre d'oeuvres de l'artiste, figure tutélaire des lieux. 

© Musées de la Vie romantique

Une iconographie emblématique

En 1835, à l'initiative de son ami Hyacinthe Firmin-Didot, Ary Scheffer entreprend une interprétation de cet épisode. Alors que les artistes représentent généralement le meurtre des deux amants, Scheffer choisit l'instant décrit par Dante : Paolo et Francesca apparaissent au poète dans leur errance éternelle, enlacés et emportés par les vents de l'Enfer, sous le regard bouleversé de Dante et de Virgile.

Présentée au Salon de 1835, la composition rencontre un immense succès et est acquise par Ferdinand-Philippe d'Orléans. Après la révolution de 1848, Scheffer réalise, avec l'aide de son atelier, plusieurs répliques destinées à répondre à l'engouement suscité par cette œuvre. Le panneau acquis par le musée appartient à cette série.

Paolo et Francesca, le mythe romantique de l'amour tragique

Inspiré d'un fait historique plausible survenu dans l'Italie médiévale, l'épisode de Paolo et Francesca, raconté par Dante dans le chant V de La Divine Comédie, est devenu l'une des plus célèbres histoires d'amour de la littérature occidentale.

Francesca da Rimini et Paolo Malatesta, assassinés par Gianciotto Malatesta, époux de Francesca et frère de Paolo, incarnent le destin de deux amants condamnés par leur passion. Dans L'Enfer, Dante les place au deuxième cercle infernal, celui des luxurieux, où ils errent pour l'éternité, emportés par une tempête sans fin.

Au XIXᵉ siècle, ce récit devient l'un des sujets privilégiés des peintres romantiques, fascinés par l'intensité des sentiments, le destin et la puissance tragique de l'amour.

 Découvrez cette œuvre dans la salle « La force du sentiment » à côté de la version réalisée par Pierre Delorme en 1820, qui représente la scène du baiser de Paolo et Francesca.

© musée de la Vie romantique