Avril 2024
Un concert à l’atelier, 1847
Charles Valfort (1808-1867)
Huile sur toile
Charles Valfort présente Le Concert à l’atelier au salon de 1848 et il y a tout lieu de croire que cet atelier est le sien. Ce que viennent renforcer les œuvres au mur, une peinture religieuse ou d’histoire, deux femmes en costumes orientaux et des paysages, autant de sujets traités par Valfort.
Au centre de l’atelier des musiciens donnent un concert et dans l’angle inférieur droit un personnage sélectionne des partitions en mettant en évidence certains noms de compositeurs comme ceux de Jean Rémusat, Hélène-Jean-Joseph Miramont ou Sylvain Mangeant. Il est très rare, en peinture, que les noms des compositeurs soient inscrits sur les couvertures des partitions. En les rendant ainsi visibles et lisibles au premier plan de sa composition, Valfort veut probablement faire la publicité de leur musique.
L’entrée dans nos collections de cette assemblée d’amis musiciens, caractéristique de la bohème artistique des années 1840, fait écho aux vendredis soirs de la rue Chaptal lors desquels se réunissaient autour d’Ary Scheffer, ses amis peintres, écrivains et musiciens et pour lesquels il n’existe pas de sources visuelles.
Décembre 2024
Rêve d'amour
Auguste Clésinger (1814-1883)
Le modèle ici est une réduction en bronze de Rêve d’amour, la première version de Femme piquée par un serpent (1847) qui propulsa la carrière d’Auguste Clésinger (1814-1883).
La représentation de cette femme, telle une bacchante, la tête renversée, le dos cambré et le buste en torsion vient d’un canon de représentation, formellement codifié depuis l’Antiquité et exprimant le transport et le pathos intérieur. Dans cette version de 1844, il n’y a pas de serpent, la figure est plongée dans des convulsions liées davantage au plaisir qu’à la souffrance, l’absence de serpent renforçant cette hypothèse. L’artiste ose ainsi montrer un nu sans justification et figé dans un instant de plaisir solitaire.
Ce nu féminin allongé combine le goût romantique pour le thème érotique de l’abandon et un réalisme choquant dans l’exécution.
Don de Monsieur Renaud Czarnes
Saint Luc l’Évangéliste, Figure d’étude pour l’un des écoinçons de l’église Notre-Dame-de-Lorette à Paris
Pierre Claude François Delorme (1783-1859)
En 1828, Delorme se voit confier les décors de la coupole du chœur de l’église Notre-Dame-de-Lorette dans le 9e arrondissement, monument emblématique du quartier de la Nouvelle Athènes à l’époque romantique de Paris. Pour les quatre écoinçons, le peintre choisit de représenter les évangélistes et réalise, pour chacun des saints, de nombreux dessins et études préalables donc cette peinture de Saint Luc.
Ici, Delorme se concentre sur le regard très expressif de l’évangéliste, sa barbe rousse et sa coiffure courte ébouriffée. La tête de Saint Luc se détache sur un fond bleu rapidement brossé, ses épaules sont couvertes d’une cape violine et son torse habillé d’un haut rouge comme dans sa peinture définitive.
Don de la Société des Amis du musée de la Vie romantique