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Les mots du romantisme | Sublime

 
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Musée de la Vie romantique: adresse et horaires

Hotel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal
75009 Paris

Téléphone :
+33 (0)1 55 31 95 67

Horaires d'ouverture :
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé les lundis et les jours fériés suivants : 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

Accès :
Métro : Saint-Georges (ligne 12), Pigalle (ligne 2 ou 12), Blanche (ligne 2)

Les mots du romantisme
| SUBLIME |

 

 

Dès l’Antiquité, un traité définit les grandes lignes du sublime : il s’agit d’un genre de discours qui élève l’âme et conduit au ravissement par des procédés qui frappent et entraînent.

Au XVIIe siècle, le philosophe écossais David Hume dans ses Réflexions sur les passions en enrichit le sens :
« Où cesse la grâce pure, commence la majesté du sublime. Le sublime est le pinacle de la béatitude, confinant à l’horreur, à la difformité, à la folie. Un sommet qui fait perdre l’esprit à qui ose regarder au-delà. »

Mais c’est au XVIIIe siècle que s’amorce une théorie esthétique du sublime dans les milieux philosophiques.
On distingue alors le Beau du Sublime (1). Si la beauté procure un sentiment d’harmonie et d’équilibre, mêlant « une noble simplicité à une calme grandeur » (2), chère aux classiques, le sublime, susceptible de produire « la plus forte émotion que l’esprit soit capable de sentir » entre en résonance avec la puissance des forces de la nature, un vertige qui séduira les romantiques.
Dans cette confrontation avec l’immensité de la nature, l’homme se voit soumis physiquement à ses limites alors que son esprit s’en affranchit. Friedrich von Schiller, auteur de l’essai Du Sublime en 1798, nous rappelle que « sur les montagnes habite la Liberté ».
Au moment où se multiplient les grandes explorations, la montagne, le littoral et les phénomènes naturels extraordinaires (foudre, orage, tempêtes, éruptions volcaniques) suscitent des récits de voyages plus sensibles que documentaires. Ce qui avait été tenu pour affreux, inintéressant dans le paysage naturel, se voit loué. La célébration des Alpes, précède de peu l’évocation épique des Highlands et des côtes tempétueuses de l’Écosse décrites par le poète Macpherson dans les Chants d’Ossian.
Le frisson que procure le spectacle d’une nature illimitée, sauvage voire furieuse, touche particulièrement le domaine des arts. Il participe à un renouvellement du paysage comme en témoignent les œuvres du peintre allemand Caspar David Friedrich ou de l’anglais William Turner, ou bien encore les dessins de Victor Hugo. Il parcourt aussi la littérature romantique.
Cette esthétique du choc, qui avait bouleversé les Lumières, est une profonde remise en cause du sujet. Le spectateur se trouve impliqué; ce qui prime, ce n’est plus la forme, mais la force, l’intensité de l’émotion ressentie. Les personnages romantiques reflètent cette expérience mettant en jeu l’homme dans son rapport au monde, comme le René de François-René de Chateaubriand qui entre « avec ravissement dans les mois des tempêtes. »

En 1827, Victor Hugo offre une nouvelle définition du sublime, dans sa préface de Cromwell. Regardant du côté des personnages de Shakespeare, il annonce la spécificité du drame romantique en opposant, par effet de contraste, le sublime au grotesque et en se libérant des règles classiques : « Le sublime représentera l’âme telle qu’elle est, épurée par la morale chrétienne, le grotesque jouera le rôle de la bête humaine. Le premier type dégagé de tout alliage impur, aura en apanage tous les charmes, toutes les beautés; il faut qu’il puisse créer un jour Juliette, Desdémona, Ophélia. Le second prendra tous les ridicules, toutes les infirmités, toutes les laideurs. Dans ce partage de l’humanité et de la création, c’est à lui que reviendront les passions, les vices, les crimes; c’est lui qui sera luxurieux, rampant, gourmand, avare, perfide, brouillon, hypocrite (...) Le beau n’a qu’un type; le laid en a mille. »

Texte de Catherine de Laborderie, conférencière

Notes :
(1) Edmund Burke Recherche philosophique de nos idées du Sublime et du Beau - 1757
      Emmanuel Kant, doctrine du beau et du sublime
(2) Johann Joachim Winckelmann, historien de l’art, archéologue et antiquaire - XVIIIe siècle

Illustrations : 
Ary Scheffer, Le plongeur, aquarelle. D'après la Ballade de Schiller.

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Conditions d'accueil du musée

Le musée de la Vie romantique et le salon de thé Rose Bakery sont ouverts tous les jours sauf le lundi.
Le musée de 10h à 18h, le salon de thé de 10h à 17h30.

Conformément aux dispositions légales en vigueur, suspension de la présentation du pass vaccinal dans les musées.

Le port du masque est recommandé.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à prendre connaissance des mesures sanitaires.