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Jeanne d’Arc en prière

Marie d’Orléans (Palerme, 1813 – Pise, 1839) , Victor Susse, fondeurRéduction de la version en marbre du Château de Versailles, 1835

Bronze

Alors que la France avait pris fait et cause pour la Pologne gémissant sous la botte russe (insurrection de Varsovie, 1831), que l’Italie du Nord était devenue autrichienne, que les Grecs refusaient un prince issu de la maison de Saxe Cobourg Gotha, cette image de l’héroïque Jeanne d’Arc était un symbole exemplaire de l’identité nationale française. Pour réaliser cette effigie emblématique, Marie d’Orléans demanda qu’on lui prête, provenant du dépôt des Invalides, une armure ayant pu être portée par son personnage. Ce souci archéologique reflète la préoccupation d’exactitude historique que l’on retrouve alors chez nombre d’artistes romantiques.
Soulignons que Jeanne d’Arc n’est pas représentée ici en chef militaire. L’épée, arme de mort, devient crucifix sur la poitrine de la jeune femme. Son visage, empreint de spiritualité, absorbé dans la prière, renvoie à la foi profonde qui habitait aussi bien la Pucelle d’Orléans que la princesse Marie d’Orléans. 
Cette œuvre est également un exemple d’une forme de romantisme qui trouve ses racines dans l’histoire médiévale. Ici, Jeanne d’Arc après avoir « bouté les anglais hors de France », magnifie l’idée de Nation qu’étudiera bientôt le philosophe Ernest Renan, familier de la maison de la rue Chaptal.

Legs Corrie et Robert Siohan (Coll. Scheffer-Renan), 1991

Beaux-Arts

Oeuvre actuellement présente au musée
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