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Concert du Conservatoire à rayonnemment régional au musée de la Vie romantique

 
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► textes du programme du 8 mars 2021

Musée de la Vie romantique: adresse et horaires

Hotel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal
75009 Paris

Téléphone :
+33 (0)1 55 31 95 67

Horaires d'ouverture :
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé les lundis et les jours fériés suivants : 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

Accès :
Métro : Saint-Georges (ligne 12), Pigalle (ligne 2 ou 12), Blanche (ligne 2)

Joaquín TURINA, Olas gigantes (Vagues géantes) / texte de Gustavo Adolfo Bécquer

Vagues géantes qui vous brisez en hurlant
Sur des plages désertes et lointaines,
Enveloppé dans le drap de votre écume,
Emportez-moi avec vous !

Rafales de l'ouragan, qui emportez
Les feuilles flétries de la forêt élevée,
Entraîné dans le tourbillon aveugle,
Emportez-moi avec vous !

Nuages de tempêtes, que l'éclair traverse,
Et qui par le feu ornez les bords déchirés,
Arraché dans le brouillard sombre,
Emportez-moi avec vous !

Emportez-moi, par pitié, là où le vertige
M'arrache la mémoire avec la raison.
Par pitié !... J'ai peur de rester
Seul avec ma douleur, seul avec ma douleur !

Franz SCHUBERT Meeresstille (mer tranquille)  texte de Johann Wolfgang  von Goethe

Le calme profond domine les eaux,
Sans motion la mer se repose
Et, inquiet, le marin observe
La surface lisse qui l'encercle.

Aucune brise, nulle part !
Qu'un silence mortel, effroyable !
Dans cet étendue inouïe
Aucune vague ne s'amorce.

Franz SCHUBERT Der stürmische Morgen (Matin tempétueux) / texte de Wilhem Müller

Comme la tempête a déchiré
Les habits gris du ciel !
Les lambeaux de nuages flottent
Dispersés en blafarde bataille.

Et des flammes rouge feu
S'élancent parmi eux ;
C'est ce que j'appelle un matin
Bien accordé à mon humeur !

Mon cœur voit dans le ciel
La peinture de sa propre image --
Ce n'est rien d'autre que l'hiver,
L'hiver, froid et sauvage !

Franz SCHUBERT Die junge Nonne (La jeune nonne) / texte de Jakob Nikolaus Craigher

Comme elle mugit à travers les cimes la tempête hurlante !
Les poutres vibrent, la maison tremble !
Le tonnerre gronde, l'éclair jaillit,
Et la nuit est sombre, comme la tombe.
   De même, de même,
Ainsi récemment cela grondait en moi !
Ma vie fulminait, comme cette tempête,
Mes membres tremblaient comme cette maison,
L'amour brûlait, comme cet éclair,
Et mon cœur était aussi sombre que la tombe.

Maintenant fulmine, tempête sauvage et puissante,
Dans mon cœur est la paix, dans mon cœur est le repos,
La fiancée aimante attend impatiemment le fiancé,
Purifiée par un feu ,
Unie à l'amour éternel

Je t'attends, mon Sauveur, avec un regard implorant !
Viens, fiancé céleste, prens ta fiancée,
Délivre l'âme de la prison terrestre .
Écoute, la petite cloche de la tour sonne paisiblement !
Son doux son m'attire
Impérieusement vers les hauteurs éternelles.
Alléluia !

Franz SCHUBERT Rastlose Liebe (amour sans repos) /texte de Johann Wolfgang von Goethe

Sous la neige, sous la pluie,
Face au vent,
Dans la vapeur de l'abîme,
À travers le parfum du brouillard,
Sans arrêt ! Sans arrêt !
Sans repos ni paix !

Je préfèrerais dans cette souffrance
Me frapper moi-même
Qu'endurer tant de joies
De la vie.

Toute cette inclination
De cœur à cœur,
Ah, quelle douleur
Elle procure !

Comment dois-je fuir ?
Aller dans la forêt ?
Tout est vain !
Couronne de la vie,
Bonheur sans repos,
Amour, tu es cela !

Robert SCHUMANN Lust der Sturmnacht (plaisir  d'une  nuit de tempête) /texte de Justinus Kerner

Quand dehors, à travers montagne et vallée
La pluie tombe, la tempête gronde,
Enseignes et fenêtres craquent bruyamment,
Et dans la nuit le voyageur erre,

Il est si doux de se reposer ici à l'intérieur,
En s'abandonnant à un amour béni ;
Tout l'éclat doré du ciel
Vole jusqu'à cette chambre tranquille :

Riche vie, aie pitié !
Prends-moi vite dans tes doux bras !
Les fleurs du printemps percent vers le haut,
Les nuages flottent et les oiseaux chantent.

Ne finissez jamais, nuits sauvages et de tempêtes,
Craquez, fenêtres, battez, enseignes,
Cabrez-vous, forêts, rugissez, ô vagues,
La lumière du ciel m'embrasse !

Johannes BRAHMS Auf dem Kirchhofe (Dans  un cimetière) / texte de Detlev von Liliencron

Le jour était chargé de pluie et tempêtueux,
J'étais passé devant maintes tombes oubliées,
Pierres effritées, croix et couronnes anciennes
Aux noms délavés, à peine lisibles.

Le jour était chargé de pluie et tempêtueux,
Gelé sur chaque tombe on lisait le mot : «il vécut».
Comme victimes de la tempête, les cercueils somnolaient,
Dégelé sur chaque tombe on lisait le mot : «guéri».

Johannes BRAHMS Regenlied (Chant de la pluie) / texte de Klaus Groth

Des gouttes de pluie du haut des arbres
Tombent dans l'herbe verte,
Des larmes de mes yeux embués
Rendent mes joues humides.

Quand le soleil brillera à nouveau,
Le gazon sera deux fois plus vert :
Et sur mes joues deux fois plus
De larmes chaudes couleront.

Johannes BRAHMS Verzagen (Désespoir) / texte de Carl Lemcke

Je suis assis sur le rivage de la mer rugissante
Et je cherche là le repos,
Je regarde le mouvement des vagues
Avec une résignation accablée.

Les vagues rugissent sur la côte,
Elles écument et disparaissent,
Les nuages, le vent au-dessus,
Vont et viennent.

Toi, cœur impétueux, sois silencieux
Et oblige-toi au repos,
Que les vents et les vagues
Te consolent, -- pourquoi pleures-tu ?

Johannes BRAHMS Verzweiflung (Désespoir) / texte de Ludwig Tieck

Ainsi donc retentissez, vagues écumantes,
Et venez vous enrouler autour de moi !
Le malheur peut bien hurler après moi,
La mer cruelle être exaspérée !

Je me ris de la tempête,
Je méprise  la colère des flots ;
Ô que ne puis-je me fracasser sur les rochers !
Car cela ne va jamais s'améliorer.

Je ne me plains pas, et peux bien faire naufrage,
Et disparaître dans les profondeurs liquides !
Mon regard ne se réjouira plus jamais
À la vue de l'étoile de mon amour.

Alors, orages, abattez-vous,
Et vous, tempêtes, foncez sur moi,
Que les rochers me pulvérisent !
Je suis un homme perdu !

Hugo WOLF Der Jäger (Le chasseur) / texte de Eduard Mörike

Trois jours de pluie continuelle,
trois jours sans un rayon de soleil ;
trois jours sans un mot doux
de la bouche de mon aimée !

Elle s’est fâchée avec moi et moi avec elle,
c’est elle q ui l’a voulu ;
mais ces bouderies et ces fâcheries
me vrillent le coeur.

Bienvenue donc au plaisir de la chasse,
au mauvais temps et à la pluie !
Je vous affronte allègrement,
le coeur chaudement emmitouflé !

Pendant ce temps-là elle est tranquille à la maison ;
elle s’amuse et badine avec ses soeurs ;
et moi je n’entends que le bruissement des feuilles
dans la forêt la nuit.

Mais la voilà qui pleure à chaudes larmes
toute tristounette dans sa chambrette ;
moi je préfère rester, comme le gibier
tapi dans l’ombre.

Ni cerf, ni faon nulle part !
Un coup de fusil pour passer le temps !
Une belle détonation et son écho,
ça rafraîchit jusqu’au fond des os —

Mais tandis que le tonnerre  roule
alentour dans les vallées,
une douleur me saisit soudain,
et le coeur me manque.

Elle s’est fâchée avec moi et moi avec elle,
c’est elle qui l’a voulu ;
mais ces bouderies et ces fâcheries
me vrillent le coeur.

Allons ! A la maison de la bien-aimée !
et qu’elle me prenne sur son giron
“Sèche mes cheveux trempés,
embrasse-moi, et prends-moi de nouveau !”

Hugo WOLF Lied vom Winde (Chanson du vent) / texte de Eduard Mörike

Vents qui sifflaient, vents qui rugissaient !
Là et ici !
Dites-moi où est votre patrie !

« Petit enfant, nous voyageons
Depuis de nombreuses années
À travers le monde, le vaste monde
Et nous voudrions le savoir,
Atteindre à la course la réponse,
Auprès des montagnes, des mers,
Auprès des armées sonnantes du ciel,
Qui ne le savent pas non plus.
Si tu es plus sage qu'eux,
Tu peux nous le dire.
Pousse-toi, allons !
Ne nous retarde pas !
D'autres suivent, nos frères,
Demande-leur à nouveau. »

Arrêtez ! doucement,
Un petit moment !
Dites, où est la patrie de l'amour,
Son début, sa fin ?

« Qui peut le savoir !
Enfant espiègle,
L'amour est comme le vent,
Rapide et vif,
Jamais au repos,
Il est éternel,
Mais pas toujours constant.
Pousse-toi, allons !
Ne nous retarde pas !
En avant, à travers bois, prairies et chaumes !
Si je vois ta bien-aimée,
Je la saluerai.
Petit enfant, adieu ! »

Johann STRAUSS  Schlechtes Wetter (Mauvais  temps) / texte de Heinrich Heine

Il fait mauvais temps,
Il pleut, il vente, il neige ;
Assis à la fenêtre je regarde
Dehors dans l'obscurité.

Là une petite lumière solitaire brille,
Et avance lentement ;
Une mère munie d'une petite lanterne
Chancelle là-bas dans la rue.

Je crois qu'elle achète
De la farine, des œufs et du beurre ;
Elle va cuire un gâteau
Pour sa chère grande fille

Qui allongée dans un fauteuil,
Somnolente, papillote à la lumière ;
Ses boucles dorées ondulent
Sur son doux visage.

Claude DEBUSSY Green (extrait des Ariettes oubliées) / texte de Paul Verlaine

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Claude DEBUSSY La mer est plus belle (texte de Paul Verlaine)

La mer est plus belle
Que les cathédrales,
Nourrice fidèle,
Berceuse de râles,
La mer sur qui prie
La Vierge Marie !

Elle a tous les dons
Terribles et doux.
J'entends ses pardons
Gronder ses courroux.
Cette immensité
N'a rien d'entêté.

Oh ! si patiente,
Même quand méchante !
Un souffle ami hante
La vague, et nous chante :
" Vous sans espérance,
Mourez sans souffrance ! "

Et puis sous les cieux
Qui s'y rient plus clairs,
Elle a des airs bleus,
Roses, gris et verts...
Plus belle que tous,
Meilleure que nous !

 

RÉOUVERTURE LE 19 MAI

Conformément aux directives gouvernementales, le musée de la Vie romantique est actuellement fermé. 
Il musée rouvrira ses portes le mercredi 19 mai.