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Acquisition du musée de la Vie romantique/Hiver 2015

 
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Acquisition par le musée de la Vie romantique d’une aquarelle du peintre Ary Scheffer d’après le Plongeur de Friedrich Schiller


Le dessin par son sujet emblématique du romantisme allemand et par sa grande qualité est une acquisition majeure pour le musée de la Vie romantique.

La composition illustre la ballade intitulée Der Taucher (Le plongeur) publiée par Friedrich Schiller en 1797 dans l’Almanach des muses.
Ce texte fait partie des poèmes fondateurs du romantisme allemand qui, sur le mode épique, portent un message vertueux et forment un guide de conduite fondé sur les valeurs chevaleresques en contrepoint de la morale du monde bourgeois et moderne du XIXe siècle naissant. Équité, amitié, mesure en sont les maitres mots. Dans ce récit, un gentilhomme défie Dieu et les forces de la Nature en plongeant dans un torrent déchainé pour recueillir la coupe jetée par son roi. Renouvelant l’épreuve, le souverain lui promet sa fille s’il réussit à nouveau l’exploit ; mais au second plongeon le héros malheureux ne remonte pas, englouti à jamais par les flots. L’épisode, situé dans l’univers médiéval contribue  à fonder une nouvelle littérature allemande. À la fin de 1813 ou au début de 1814, Franz Schubert compose un lied sur ce texte ; il en donnera une seconde version en 1815. Le Plongeur, avec un ensemble de ballades allemandes de Schiller Goethe ou Bürger est traduit en français et publié par Gérard de Nerval en 1830.

Certainement  est-ce par ce biais que Scheffer a connaissance du récit, dans ce volume où est également publié Lénore, thème traité en peinture par l’artiste la même année : sans doute faut-il dater ce dessin du début de la décennie alors que le peintre témoigne de son intérêt pour cette nouvelle mythologie allemande. En 1834, il expose d’ailleurs le Larmoyeur (Paris, musée du Louvre), inspiré d’une autre ballade de Schiller, Eberhard der Greiner publié en 1782.
Dans son aquarelle, l’artiste choisit de représenter le moment où le roi, sa fille et la cour attendent le retour du héros en une dramaturgie suspendue où l’issue fatale du drame est perceptible dans la tension du groupe. Cette élision finale du poème que Scheffer reprend à son compte fait de ce dessin une feuille exemplaire de l’esthétique romantique. Conçu comme une œuvre autonome et non préparatoire à un tableau, elle est caractéristique du goût de l’artiste à cette période pour ce type d’aquarelles particulièrement ambitieuses et séduisantes, véritables enluminures du romantisme. Il faut enfin noter que la composition générale du dessin répond, en miroir, à celle d’une peinture de la collection du musée intitulée la Tempête et propose dans le domaine de la scène de genre la même confrontation de l’homme aux forces de la Nature.


L’œuvre graphique de Scheffer est rare dans les collections françaises et aucune feuille similaire de l’artiste illustrant Schiller n’est connue. Un tel dessin constitue donc une acquisition importante pour le musée de la Vie romantique, lieu de référence de l’œuvre d’Ary Scheffer et du romantisme.

 

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