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Histoire du musée

 

Arrivé à Paris en 1811, Ary Scheffer (1795-1858), le peintre d’origine hollandaise, s’installe en juillet 1830 dans le quartier à la mode de La Nouvelle Athènes au n° 7 de la rue Chaptal (actuel n° 16).
Une fièvre de construction s’est emparée de Paris, en pleine explosion démographique. Sur les premiers contreforts de la butte Montmartre, vergers et terrains maraîchers ne résistent pas longtemps à l’appétit des spéculateurs. À partir de 1820, ils cèdent la place à des lotissements où des architectes de renom font surgir de belles demeures, des immeubles de rapport, des ateliers d’artistes…

En prenant ses quartiers dans cette « nouvelle république des arts et des lettres », Ary Scheffer, professeur de dessin des enfants du duc d’Orléans depuis 1822, digne représentant de l’école romantique, affirme sa réussite. Sa demeure connaît durant trente années une intense activité artistique, politique et littéraire.
Construite par l’entrepreneur Wormser, cette maison caractéristique de l’époque de la Restauration, comporte deux étages d’habitation surélevés sous un toit à l’italienne. Dans le jardin courent bientôt treilles et glycines. Face à la maison, Ary Scheffer fait construire deux ateliers à verrière, orientés au nord, de part et d’autre de la cour pavée : l’un à usage de salon, l’autre d’atelier de travail.

Dans l’atelier-salon, Scheffer, portraitiste renommé sous la monarchie de Juillet, reçoit le Tout-Paris artistique et intellectuel. Delacroix vient en voisin, comme George Sand avec Chopin qui joue volontiers sur le piano Pleyel. Ils retrouvent Liszt et Marie d’Agoult, mais aussi Rossini, Tourgueniev, Dickens ou Pauline Viardot.  L’atelier de travail, qui lui fait pendant devant un délicieux fouillis de seringas et de rosiers, était utilisé par Ary Scheffer et son frère cadet Henry, peintre lui aussi. Théodore Rousseau acheva La Descente des vaches rue Chaptal : ce tableau ayant été refusé au Salon de 1835, Ary Scheffer le montra en même temps que des toiles de ses amis Paul Huet et Jules Dupré, instituant ainsi une exposition des refusés. Il abrita également dans cet atelier une partie des collections de la famille du roi Louis-Philippe lorsqu’elle quitta la France pour l’exil en 1848.

Agrémentée d’un jardin et par la suite d’une serre, cette propriété qu’Ary Scheffer loua pendant près de trente ans, fut achetée à sa mort en 1858 par sa fille unique Cornélia Scheffer-Marjolin qui dès lors préserva le cadre où travaillait son père. Elle organisa un an plus tard une rétrospective de l’œuvre du maître, 26 boulevard des Italiens à Paris. Avec son mari, le docteur René Marjolin, elle recevait rue Chaptal des personnalités comme Henri Martin, Ivan Tourgueniev ou Charles Gounod. Les ateliers, convertis à leur initiative en hôpital de secours sous la Commune en 1870-1871, servirent ensuite de salles d’exposition aux principales œuvres de Scheffer.

En 1899, Cornélia Scheffer-Marjolin mourut, léguant les peintures de son père à sa ville natale, Dordrecht aux Pays-Bas. La propriété de la rue Chaptal revint à Noémi Renan-Psichari (petite-nièce de Scheffer), qui installa alors un grand salon et une bibliothèque consacrée aux œuvres de son père Ernest Renan dans le premier atelier tandis qu’elle louait le second à des artistes.

C’est dans cet atelier-salon que Noémi Renan-Psichari, puis sa fille Corrie Psichari-Siohan continuèrent au XXe siècle à accueillir le monde des arts et des lettres. Anatole France ou Puvis de Chavannes à la Belle Epoque, Maurice Denis dans les années vingt, ou plus récemment André Malraux prirent la même allée ombragée que Chopin, Delacroix et Pauline Viardot pour venir dans l’atelier de la rue Chaptal.

En 1956, la maison fut vendue à l’Etat pour un montant symbolique, afin qu’y soit établie une institution culturelle. Après avoir accueilli un centre universitaire d’enseignement et de recherche consacré à l’étude des sons et des couleurs sous la direction de leur cousin Olivier Revault ds’Alonnes, les époux Siohan entreprirent en 1980 des démarches afin de créer dans l’ancienne demeure du peintre « une institution culturelle à dominante muséographique ». En 1982, l’Etat remit la gestion de l’immeuble à la ville de Paris qui ouvrit alors une annexe du musée Carnavalet sous l’appellation de « Musée Renan-Scheffer ». Peu après, un nouveau programme muséographique fut mis en œuvre, mettant en valeur dans les bâtiments rénovés sous la conduite de Jacques Garcia, de nombreux souvenirs de George Sand.
 Le musée prend en 1987 le nom de « musée de la Vie romantique ».

 

 

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dans l'Hôtel Scheffer-Renan